350 000 € de bénéfice après IS dans votre société — et la question qui tue : vous gardez combien, vraiment, selon que vous êtes en SASU ou en EURL ? Spoiler — l'écart net en main initial entre les deux structures atteint 30 344 € par an dans les simulations que je vous présente ici. Ce n'est pas anodin. À ce niveau de résultat, chaque point de cotisations sociales représente des milliers d'euros, et le choix de la forme juridique devient une décision patrimoniale autant que fiscale.
Le débat ne se limite pas à comparer deux lignes d'imposition. Il touche à votre couverture maladie, à vos droits à la retraite, à votre capacité à capitaliser dans la structure et à votre stratégie de sortie. Les chiffres 2026 intègrent notamment le PFU porté à 31,4 % (avec prélèvements sociaux à 18,6 % depuis la Loi de Finances 2026, article 200 A du CGI). On va rentrer dans le détail.
Le contexte — 200 – 500 k€ de bénéfice après IS
Cette tranche de bénéfice disponible est celle où les arbitrages deviennent vraiment sensibles. En dessous de 200 000 €, les écarts entre SASU et EURL restent gérables. Au-delà de 500 000 €, d'autres stratégies s'imposent — holding, apport-cession, pacte Dutreil. Entre les deux, toutes les variables jouent simultanément à plein : cotisations sociales, fiscalité personnelle, capacité de capitalisation.
Le bénéfice de 350 000 € mentionné ici est calculé après IS à 25 % (taux normal applicable en 2026), ce qui suppose un résultat avant IS d'environ 467 000 €. Ce bénéfice disponible ne sera pas forcément perçu intégralement par le dirigeant — une fraction peut rester en trésorerie d'entreprise, une autre partir en rémunération, le solde en dividendes.
Le profil visé ? Entrepreneur solo, consultant senior, prestataire de services intellectuels, professionnel libéral ayant opté pour l'IS. Des activités habituellement au-delà de cinq à sept ans d'existence, bien au-dessus des seuils auto-entrepreneur. Les règles sociales et fiscales 2026 s'inscrivent dans la continuité des réformes récentes, avec des ajustements de plafonds URSSAF et de barèmes TNS à intégrer sans bouleversement de fond.
SASU : régime assimilé salarié (président)
Le président de SASU est assimilé salarié, rattaché au régime général de la Sécurité sociale — mais sans droit à l'assurance chômage. Ses cotisations sont calculées sur sa rémunération, pas sur ses dividendes. C'est là que réside toute la subtilité de la stratégie de rémunération.
Le coût total des charges sociales (patronales + salariales cumulées) avoisine 75 % de la rémunération nette à ce niveau de salaire. Autrement dit, verser 100 € nets coûte environ 175 € à la structure. C'est ce que l'URSSAF reflète dans ses simulations pour les hautes rémunérations. La contrepartie : une couverture maladie-maternité solide, des droits retraite de base et complémentaire comparables au régime général, et la validation de trimestres au PASS pour la retraite — ce que l'EURL ne peut pas offrir de la même façon.
Les dividendes perçus par le président de SASU ne supportent aucune cotisation sociale au titre du régime général. Ils sont soumis au PFU de 31,4 % (article 200 A du CGI) ou, sur option, au barème progressif de l'IR. À 45 % de TMI, l'option barème est rarement intéressante. La stratégie classique à ce niveau : limiter la rémunération au strict nécessaire pour maintenir une couverture acceptable, et distribuer le reste en dividendes. Avec 350 000 € de bénéfice après IS, cette optimisation du mix rémunération-dividendes conduit à un net en main initial de 146 667 € selon nos simulations.
EURL : régime TNS (gérant majoritaire)
Le gérant majoritaire d'EURL relève de la Sécurité sociale des Indépendants (ex-RSI). Les cotisations TNS s'établissent globalement entre 40 et 45 % de la rémunération nette, selon la tranche — contre 75 % en assimilé salarié. L'avantage immédiat en trésorerie est réel.
Mais attention au mécanisme des dividendes excessifs. Depuis la LFSS 2013, les dividendes versés par une EURL à son gérant majoritaire qui dépassent 10 % du capital social augmenté des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé sont requalifiés en rémunération sur le plan social et soumis aux cotisations TNS. Un capital social de 1 000 € expose donc la quasi-totalité des dividendes à ces cotisations. Ce point change radicalement l'équation pour les EURL sous-capitalisées.
Côté protection sociale, la couverture maladie est correcte mais les indemnités journalières restent inférieures à celles du régime général. La retraite complémentaire est structurellement moins généreuse à cotisations équivalentes. Le dirigeant TNS compense fréquemment via des contrats Madelin ou un Plan d'Épargne Retraite (PER), dont les cotisations sont déductibles du revenu imposable — un levier fiscal significatif à 45 % de TMI. Pour aller plus loin sur l'optimisation rémunération du dirigeant, les stratégies Madelin et PER méritent une analyse dédiée. Avec 350 000 € de bénéfice, l'EURL délivre un net en main initial de 177 011 €, soit 30 344 € de plus que la SASU dans le scénario de base.
Comparatif chiffré net en main
Voici les chiffres bruts, sans arrondi, issus de nos simulations basées sur les paramètres 2026 : TMI à 45 %, PFU à 31,4 %, IS à 25 %. Pour la méthodologie et sources complètes, les bases légales utilisées sont l'article 200 A du CGI pour le PFU, et les barèmes URSSAF en vigueur.
| Indicateur | SASU (assimilé salarié) | EURL (TNS) |
|---|---|---|
| Taux de charges sociales | ~75 % | ~45 % |
| Net en main initial | 146 667 € | 177 011 € |
| Total impôts et charges payés | 342 117 € | 316 348 € |
| Patrimoine net après 10 ans | 194 986 € | 235 328 € |
Hypothèses retenues : capital social EURL de 10 000 €, pas de compte courant significatif, situation célibataire sans enfant, sans option Madelin dans le scénario de base. Si le dirigeant ne se verse aucune rémunération (uniquement dividendes), la cotisation minimale TNS d'environ 1 200 €/an reste due en EURL — la différence avec la SASU s'atténue alors sensiblement.
Capitalisation à 10 ans — ce que ça change
La photo instantanée ne suffit pas. Sur dix ans, avec un rendement annuel hypothétique de 4 % sur la trésorerie capitalisée en entreprise, les deux structures évoluent différemment. L'EURL conserve son avantage : 235 328 € de patrimoine net contre 194 986 € en SASU après intégration de l'IS sur plus-values.
La SASU peut d'un autre côté rattraper une partie de cet écart si le dirigeant privilégie une stratégie de cession de titres — avec abattement pour durée de détention ou dispositif d'apport-cession sous article 150-0 B ter du CGI. Le simulateur rémunération vs dividendes vs holding permet de tester ces scénarios selon votre horizon et votre mode de sortie prévu.
Profil idéal pour chaque forme
La SASU convient au dirigeant qui anticipe une cession à moyen terme, souhaite une couverture sociale proche du régime général, ou envisage d'accueillir des investisseurs. Sa structure se transforme naturellement en SAS multi-associés sans friction juridique. La crédibilité du statut assimilé salarié peut aussi peser dans certaines négociations bancaires ou partenariales.
L'EURL correspond mieux au dirigeant qui optimise son revenu net immédiat, capitalise via PER ou Madelin, et ne projette pas de cession rapide. Avec un capital social suffisant pour contenir les dividendes dans la limite des 10 %, le gérant TNS peut structurellement payer moins de charges tout en construisant des droits retraite via des véhicules dédiés.
Les situations mixtes existent : une EURL transformée en SASU après quelques années, ou une holding animatrice coiffant les deux structures. Ces réorganisations ont un coût et un délai — ne les décidez pas à la légère. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Consultez un expert-comptable pour votre cas précis.
Adaptez ce comparatif à vos chiffres
Calcul actualisé en direct · Données fiscales LF 2026
Assimilé salarié (≈ 75 %) TNS (≈ 45 %)
Capitalisation à 4 %/an
| Stratégie | Patrimoine net après 10 ans | Impôts totaux |
|---|---|---|
|
Rémunération
Gagnant
|
194 986 € | 342 117 € |
|
Dividendes
Gagnant
|
319 200 € | 146 106 € |
|
Holding
Gagnant
|
470 113 € | 45 871 € |
Comparatif simplifié sur les options pures. Le simulateur complet ajoute capital social, plus-values en sortie, choix barème vs PFU et graphique annuel.
Ouvrir le simulateur completMéthode & sources
Pas expert-comptable ni CGP. Les calculs reposent uniquement sur des sources publiques citées ci-dessous, vérifiables. Une erreur ou un cas mal traité ? signalez-le, on corrige.
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Calcul réalisé sur 350 000 € de bénéfice après IS, TMI 45 %
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