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Comparatif dirigeant · TMI 11 %

Madelin vs PER pour un dirigeant en TMI 11 % — quel dispositif optimal en 2026

Par Mis à jour le TMI ciblée : 11 % · Source : LF du 19/02/2026
Illustration stylisée montrant des livres empilés et des bâtiments miniatures.

Un gérant majoritaire de SARL avec un revenu professionnel imposable de 35 000 euros se retrouve dans une situation fiscale que beaucoup de conseillers ignorent ou expédient trop vite : la tranche marginale à 11 %. Ni au plancher de l'imposition, ni dans les tranches supérieures où l'avantage des dispositifs d'épargne retraite est évident, ce profil mérite une analyse fine. La tension entre le contrat Madelin — historiquement le réflexe des TNS — et le Plan d'Épargne Retraite individuel (PERin) né de la Loi PACTE 2019 est surtout intéressante à ce niveau de revenus. Le gain fiscal immédiat est réel mais modéré. Ce qui fait la différence sur la durée, c'est le choix du bon dispositif et une stratégie cohérente de la première cotisation jusqu'à la sortie. L'horizon retenu ici : versement à 45 ans, sortie à 64 ans, soit 19 ans de capitalisation.

Mécanique fiscale Madelin vs PER pour un TMI 11 %

Principe de déduction à l'entrée

Les deux dispositifs partagent la même logique de base — les cotisations versées réduisent le revenu imposable, ce qui diminue mécaniquement l'assiette soumise à l'impôt sur le revenu. Pour un TMI à 11 %, chaque euro déduit génère une économie de 0,11 euro. Moins spectaculaire qu'à 30 % ou 41 %, certes, mais cumulé sur 19 ans, ce levier devient concret.

La différence technique entre les deux produits tient à l'assiette de déduction. Avec le CGI art. 154 bis (Madelin / PER TNS), la déduction s'opère directement sur le bénéfice imposable du TNS. Pour le PER individuel souscrit par un salarié ou un dirigeant assimilé salarié, c'est le CGI art. 163 quatervicies (PER salarié) qui s'applique, avec une déduction sur le revenu net global. Pour un gérant majoritaire de SARL relevant du régime TNS, c'est bien l'article 154 bis qui encadre les deux dispositifs.

Différences structurelles entre les deux produits

Le contrat Madelin impose une contrainte que beaucoup de souscripteurs découvrent trop tard : les versements doivent être réguliers, et la sortie se fait obligatoirement en rente viagère. Aucune possibilité de récupérer son capital en une fois. Le PER, lui, offre une liberté totale : sortie en capital, en rente, ou une combinaison des deux. Les versements sont libres dans leur montant et leur fréquence.

Autre différence majeure : le Madelin n'accepte que des cotisations professionnelles TNS. Le PER peut recevoir des versements volontaires, des sommes issues de l'épargne salariale, ou des transferts depuis d'anciens dispositifs comme l'article 83 ou le PERP. Pour un profil TMI 11 %, la flexibilité du PER le rend structurellement supérieur au Madelin, indépendamment même de l'avantage fiscal.

Plafond de déductibilité applicable

Calcul du plafond Madelin

Pour un bénéfice imposable de 35 000 euros en 2026, avec un PASS fixé à 47 100 euros, le plafond de déduction Madelin se calcule selon la formule légale : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % sur la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Ici, 10 % de 35 000 euros donne 3 500 euros de plafond de base. La majoration de 15 % ne s'applique pas, le bénéfice étant inférieur à 1 PASS (47 100 euros). Le plafond disponible s'établit donc autour de 3 500 euros annuels.

Ce chiffre est crucial pour calibrer les versements. Un dirigeant en zone basse de la tranche à 11 % disposera d'un plafond plus serré que celui qu'on lui présente parfois. Consulter un guide Madelin et PER en pratique permet d'éviter les erreurs de calibrage fréquentes à ce niveau de revenus.

Calcul du plafond PER

Pour un TNS, le plafond PER est identique à celui du Madelin et s'intègre dans la même enveloppe globale : pas de double plafond. Ce que le BOFIP — PER précise clairement, c'est la possibilité de reporter les plafonds non utilisés des trois dernières années. Un dirigeant ayant peu cotisé entre 42 et 44 ans peut donc augmenter ponctuellement sa déduction à 45 ans, ce qui est une opportunité concrète souvent ignorée.

Pour un profil salarié ou assimilé, le plafond PER atteint 10 % des revenus professionnels nets de l'année N-1, plafonné à 10 % de 8 PASS, soit environ 37 680 euros en 2026. Un montant théorique très éloigné des capacités réelles d'un TMI 11 %, mais utile à connaître pour comprendre que le plafond n'est jamais le facteur limitant à ce niveau de revenus — c'est la capacité d'épargne qui l'est.

Économie d'impôt immédiate : combien vous récupérez cette année

Tableau de simulation à TMI 11 %

Voici les chiffres bruts pour notre profil type à 35 000 euros de bénéfice imposable. Pour un versement annuel de 1 000 euros, l'économie d'IR est de 110 euros. À 2 000 euros, elle atteint 220 euros. À 2 500 euros — le versement retenu dans notre scénario principal —, elle s'établit à 275 euros. À 5 000 euros, elle monte à 550 euros. Ces montants s'entendent hors prélèvements sociaux sur les revenus du capital, qui n'interviennent qu'à la sortie.

Un point souvent négligé : certains dirigeants à TMI 11 % se trouvent proches du seuil de la tranche à 30 %. En 2026, la frontière se situe à 28 797 euros de revenu net imposable par part. Un versement de 2 500 à 3 000 euros peut suffire à faire redescendre le revenu imposable sous ce seuil, créant un effet de levier bien plus important que le simple taux marginal apparent. L'économie réelle dépend aussi du quotient familial et des autres déductions déjà pratiquées.

Comparaison avec une épargne non déductible

Sans dispositif déductible, un versement de 2 500 euros sur une assurance-vie ou un compte-titres ne génère aucun avantage fiscal à l'entrée. L'atout comparatif du PER, même à TMI 11 %, c'est ce rendement fiscal immédiat de 11 % dès la première année, indépendant de toute performance financière. Sur 19 ans à 275 euros d'économie annuelle, cela représente une économie cumulée brute de 5 225 euros, avant même de parler des intérêts composés sur ce surplus réinvesti.

Nuance indispensable : la fiscalité s'applique aussi à la sortie. L'avantage net final dépend du différentiel de TMI entre la phase d'épargne et la phase de retraite. C'est précisément ce gap TMI entrée/sortie qui constitue le vrai levier à analyser pour ce profil.

Capital cumulé sur 19 ans (versement 45 → sortie 64)

Hypothèses de simulation

Les paramètres retenus sont volontairement conservateurs : versement annuel de 2 500 euros, taux de rendement net moyen de 4 % par an en gestion pilotée prudente ou fonds euros mixte, horizon de 19 ans, sans revalorisation des versements. Le PASS et les plafonds sont supposés stables pour simplifier la projection. L'inflation n'est pas intégrée dans les chiffres bruts.

Ce niveau de rendement correspond à ce que proposent des contrats PER bien construits comme ceux distribués par des acteurs tels que Linxea ou Yomoni en gestion pilotée équilibrée. Rien d'optimiste : c'est une base réaliste pour un dirigeant à profil de risque modéré.

Résultats bruts et impact de l'avantage fiscal

2 500 euros versés annuellement pendant 19 ans à 4 % de rendement net génèrent un capital brut d'environ 71 000 euros. En intégrant l'avantage fiscal à la sortie lié au gap TMI (TMI 11 % à l'entrée, TMI 0 % à la sortie pour un dirigeant sans autres revenus significatifs), le net reçu en sortie capital atteint 47 500 euros après impôt, contre une rente nette cumulée estimée à 40 147 euros sur l'espérance résiduelle de vie pour un profil Madelin. Le différentiel est clair : la sortie en capital via le PER est plus favorable de plusieurs milliers d'euros pour ce profil.

Pour ceux qui veulent pousser les calculs, notre calculateur Madelin / PER permet de simuler ces projections avec vos propres hypothèses de rendement et de TMI à la sortie.

Sortie en capital ou en rente — laquelle privilégier

Fiscalité de la sortie en capital via le PER

À la sortie d'un PER alimenté par des versements volontaires déductibles, la fraction correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l'IR, sans abattement ni prélèvements sociaux sur cette partie. Les plus-values sont soumises au PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) en LF 2026. Pour un dirigeant dont le TMI à la retraite tombe à 0 % — situation fréquente quand les revenus s'arrêtent ou chutent fortement — la fiscalité sur les versements devient quasi nulle.

Exemple concret avec notre profil : sur un capital de 71 000 euros dont 47 500 euros de versements et 23 500 euros de plus-values, le TMI à 0 % en retraite signifie que les versements sont très faiblement imposés. Seules les plus-values subissent le PFU à 31,4 %, soit environ 7 379 euros. La sortie en capital reste nettement plus avantageuse que la rente pour ce profil à faibles revenus de retraite.

Sortie en rente et contrat Madelin

Le Madelin impose la rente viagère, imposée comme une pension de retraite avec abattement de 10 % plafonné. Pour un rentier à faibles revenus, la rente peut rester peu fiscalisée, mais elle supprime toute flexibilité successorale : le capital résiduel ne se transmet pas aux héritiers. La rente nette cumulée estimée à 40 147 euros sur l'espérance résiduelle confirme que, pour notre profil, le Madelin génère in fine environ 7 000 euros de moins que la sortie en capital via PER. Je déconseille franchement de conserver un Madelin si vous avez la possibilité de basculer vers un PER.

Madelin existant : faut-il transférer vers un PER ?

Conditions et modalités du transfert

Depuis la Loi PACTE 2019, le transfert d'un contrat Madelin vers un PER est possible sans imposition au moment du mouvement. Les frais de transfert sont plafonnés réglementairement à 1 % de l'encours pendant les cinq premières années du contrat, et gratuits au-delà. Le transfert implique la clôture du Madelin chez l'ancien assureur et l'ouverture ou l'alimentation d'un PER chez un opérateur de votre choix. Les droits acquis en matière de plafonds de déduction ne sont pas affectés.

La question des charges TNS vs assimilé influence aussi cette décision : un basculement de statut juridique — par exemple en passant d'une SARL à une SAS pour comparer SAS vs SARL — modifie le dispositif applicable et doit être anticipé avant tout transfert.

Analyse coût-bénéfice pour un TMI 11 %

Pour un dirigeant à TMI 11 %, l'argument principal en faveur du transfert est la liberté de sortie en capital. Un encours Madelin bloqué en rente obligatoire, c'est de la flexibilité sacrifiée sans contrepartie suffisante à ce niveau de fiscalité. Si l'encours est inférieur à cinq ans et que des frais de transfert s'appliquent encore, recalculer le seuil de rentabilité du transfert avant de décider. Une simulation chez un courtier indépendant, en intégrant les frais, les performances historiques et la fiscalité projetée à la sortie, reste indispensable.

Quand le levier devient marginal (et qu'il faut compléter ailleurs)

Limites du dispositif à TMI 11 %

Soyons directs : l'économie d'impôt à 11 % reste modeste en valeur absolue. 275 euros gagnés sur un versement de 2 500 euros, c'est réel mais non décisif à court terme. La déductibilité crée aussi une dette fiscale différée — les sommes récupérées à la retraite seront imposées, même partiellement. Si le TMI ne baisse pas entre la phase d'épargne et la sortie, l'avantage net se réduit significativement. C'est la zone basse de la tranche à 11 % qui pose le plus de questions : le gain est faible et le risque de rester dans la même tranche à la retraite n'est pas nul.

Dispositifs complémentaires à envisager

L'assurance-vie reste immanquable pour sa souplesse de sortie et sa fiscalité successorale avantageuse après huit ans. Le Plan d'Épargne en Actions permet une sortie en capital totalement exonérée d'IR après cinq ans de détention, avec uniquement les prélèvements sociaux à régler. Pour les dirigeants de sociétés, la trésorerie d'entreprise investie en contrat de capitalisation représente une troisième piste à visiter avec un expert-comptable. À TMI 11 %, la diversification des enveloppes fiscales est la stratégie la plus rationnelle : aucun dispositif unique ne domine clairement, donc mieux vaut en combiner plusieurs.

FAQ

Un dirigeant à TMI 11 % a-t-il vraiment intérêt à ouvrir un PER ?

Oui, dans la majorité des cas. La condition première : que le TMI projeté à la retraite soit identique ou inférieur au TMI actuel. Si vous anticipez peu ou pas de revenus imposables après 64 ans, le gap TMI joue entièrement en votre faveur. L'avantage fiscal immédiat reste modéré, mais il s'accumule sur 19 ans et génère un surplus de capital réel. La flexibilité du PER en sortie capital le rend supérieur au Madelin pour ce profil, sans ambiguïté.

Peut-on cumuler Madelin et PER la même année ?

Non. Les plafonds Madelin et PER partagent la même enveloppe globale de déductibilité pour un TNS. Détenir les deux contrats simultanément est possible, mais les versements déductibles totaux resteront limités par le plafond commun. Concentrer les versements sur le PER et ne plus alimenter le Madelin est la recommandation logique si l'objectif est la sortie en capital.

Que se passe-t-il si le TMI augmente après l'ouverture du PER ?

Bonne nouvelle : les versements futurs bénéficieront d'un taux de déduction plus élevé. Les sommes déjà versées à 11 % ne sont pas réévaluées rétroactivement, mais la stratégie devient plus efficace à mesure que le TMI progresse. Ouvrir le PER tôt, même à TMI modéré, permet de capter ces avantages croissants si les revenus augmentent. C'est un argument fort pour ne pas attendre d'être à 30 % pour agir.

Quelle est la meilleure sortie recommandée pour ce profil ?

La sortie en capital est clairement préférable pour un dirigeant à TMI 11 % dont les revenus de retraite seront faibles. Avec un TMI projeté à 0 % en sortie, la fiscalité sur les versements récupérés devient quasi nulle, et seules les plus-values subissent le PFU. Le net reçu en capital dépasse systématiquement la rente nette cumulée sur l'espérance résiduelle, comme l'illustre notre simulation à 47 500 euros contre 40 147 euros en rente.

Avertissement : cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement. Chaque situation est personnelle. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) ou votre expert-comptable avant tout versement, transfert ou décision d'investissement sur un contrat Madelin ou un PER.

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Méthode & sources

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Mise à jour
Données fiscales LF 2026 · TMI ciblée 11 %

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