Aller au contenu principal
Baltazr
Comparatif chiffré · Bénéfice 200 – 500 k€

PFU ou barème progressif sur dividendes : 350 000 € de bénéfice à TMI 45 %

Par Mis à jour le Cas chiffré : 350 000 € de bénéfice · Source : LF du 19/02/2026
Escaliers verts symbolisant la progression avec livres et graphiques

Sur 350 000 € de dividendes distribués, la différence entre le bon et le mauvais choix fiscal peut atteindre 49 700 € d'imposition supplémentaire. Ce n'est pas un détail de comptabilité — c'est une erreur stratégique évitable. Pourtant, chaque année, des dirigeants de TPE et PME cochent la mauvaise case (ou ne cochent rien), par défaut ou par méconnaissance. La question PFU versus barème progressif est l'une des plus structurantes pour un associé ou dirigeant dont la tranche marginale d'imposition atteint 45 %. La flat tax à 30 % semble simple et séduisante, mais l'abattement de 40 % offert par le barème progressif brouille l'analyse au premier regard. Ce comparatif chiffré est construit pour un profil précis : 350 000 € de bénéfice distribuable, TMI à 45 %. Attention : ce choix est global — il s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal pour l'année.

Comment fonctionne le choix global PFU/barème

Le prélèvement forfaitaire unique (PFU), communément appelé flat tax, a été introduit par la loi de finances 2018 et codifié à l'article 200 A du CGI. Il s'applique par défaut à tous les revenus de capitaux mobiliers et aux plus-values mobilières. Depuis la Loi de Finances 2026, le taux global est de 31,4 %, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (taux PS révisé, selon le BOFIP en vigueur).

Chaque année, le contribuable peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu en cochant la case 2OP lors de sa déclaration annuelle. Cette option est irrévocable pour l'année concernée. Elle est exercée en N+1 sur les revenus de l'année N, ce qui laisse le temps de simuler avant de valider. Bonne nouvelle : on peut donc toujours comparer les deux options avant de choisir.

Ce qui est régulièrement mal compris : l'option barème est totalement globale. Si votre foyer perçoit des dividendes, des intérêts sur livrets imposables et des plus-values mobilières, l'ensemble basculera sous le barème progressif, sans possibilité de traiter poste par poste. C'est une contrainte forte, surtout si certains revenus du foyer bénéficient davantage du PFU que d'autres. Pour approfondir ce sujet et tester votre propre situation, le simulateur rémunération vs dividendes vs holding permet de modéliser différents scénarios.

Des acomptes de prélèvement forfaitaire non libératoire sont prélevés à la source au moment du versement des dividendes. Ils sont ensuite régularisés lors de la déclaration annuelle, que vous ayez choisi le PFU ou le barème. Gardez-le en tête pour votre trésorerie.

Cas PFU : 31,4 % flat sur dividendes

Le calcul concret sur 350 000 €

Sur 350 000 € de dividendes bruts, l'application du PFU donne un impôt sur le revenu de 44 800 € (12,8 % × 350 000 €) et des prélèvements sociaux de 65 100 € (18,6 % × 350 000 €). La charge fiscale et sociale totale s'élève à 109 900 €, laissant un net perçu de 240 100 €. Ce sont des chiffres exacts, pas des estimations.

Pourquoi parle-t-on de 31,4 % et non de 30 % ? Parce que le taux de prélèvements sociaux est passé à 18,6 % avec la Loi de Finances 2026, portant mécaniquement le taux global à 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS). La contribution unique sur les hauts revenus (CEHR) peut s'ajouter selon votre revenu fiscal de référence, mais elle n'est pas intégrée dans ce calcul de base.

Les atouts et la limite du PFU

Le PFU offre simplicité, prévisibilité et neutralité vis-à-vis des autres revenus du foyer. Le taux ne dépend pas du reste de vos revenus. C'est un avantage structurel pour les hauts revenus. En revanche, l'abattement de 40 % prévu à l'article 158-3-2° du CGI est totalement inapplicable en cas de PFU. C'est là son talon d'Achille apparent — mais comme on va le voir, pas dans ce profil fiscal.

Cas barème : abattement 40 % puis IR + PS

Mécanisme de l'abattement de 40 %

L'abattement de 40 % s'applique aux dividendes distribués par des sociétés soumises à l'IS et éligibles, conformément à l'article 158-3-2° du CGI. Cet abattement ne porte que sur la base imposable à l'IR, pas sur les prélèvements sociaux. Sur 350 000 € bruts, l'abattement représente 140 000 €. La base imposable à l'IR tombe à 210 000 €.

À la TMI de 45 %, le calcul brut donne 210 000 × 45 % = 94 500 € d'IR. Les prélèvements sociaux, eux, s'appliquent sur la totalité des 350 000 € au taux de 18,6 %, soit 65 100 € — identique au scénario PFU. La charge totale atteint donc 159 600 €, pour un net de 190 400 €.

La CSG déductible — un avantage différé

Option barème oblige, une fraction de la CSG à hauteur de 6,8 % devient déductible du revenu imposable l'année suivante. Soit 6,8 % × 350 000 € = 23 800 € de déduction, générant une économie d'impôt d'environ 10 710 € à TMI 45 %. C'est un avantage réel, mais différé et insuffisant pour inverser la conclusion dans ce cas. Consultez la méthodologie et sources pour les détails de ce calcul.

Comparatif chiffré pour ce cas

ÉlémentPFU 31,4 %Barème progressif (TMI 45 %)
Dividendes bruts350 000 €350 000 €
Abattement 40 %Non applicable140 000 €
Base imposable IR350 000 €210 000 €
IR44 800 €94 500 €
Prélèvements sociaux (18,6 %)65 100 €65 100 €
Total impôts et charges109 900 €159 600 €
Net perçu240 100 €190 400 €

L'écart est sans ambiguïté : 49 700 € de surplus fiscal avec le barème dans cette configuration. L'abattement de 40 %, malgré son attractivité apparente, ne compense pas l'effet dévastateur d'une TMI à 45 % sur une base de 210 000 €. La CSG déductible atténue légèrement l'écart en N+1, mais reste loin de combler la différence. À ce niveau de revenus, le PFU gagne sans discussion.

Le seuil de bascule selon votre TMI

La vraie question est : à partir de quelle TMI le barème devient-il plus avantageux ? Le raisonnement est mathématique. Avec l'abattement de 40 %, la base IR représente 60 % des dividendes. Pour que le barème égale le PFU en termes d'IR (12,8 %), il faut que 60 % × TMI = 12,8 %, soit une TMI de 21,3 %. En pratique, ce seuil théorique se situe entre les tranches à 11 % et 30 %.

Concrètement — à TMI 0 % ou 11 %, le barème est clairement préférable, l'IR sur les dividendes après abattement devient très faible. À TMI 30 %, c'est une zone grise — la CSG déductible peut faire pencher la balance, mais une simulation précise s'impose. Dès la TMI 41 %, le PFU prend l'avantage de façon significative. À 45 %, comme démontré ici, c'est quasi systématique.

D'autres variables entrent en jeu : présence d'intérêts ou de plus-values mobilières dans le foyer, quotient familial, impact de la CEHR, déficits reportables. Pour une optimisation rémunération du dirigeant vraiment efficace, ces paramètres doivent être modélisés chaque année avec votre expert-comptable. Le choix optimal peut changer d'une année à l'autre — ne le figez jamais.

Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Consultez un expert-comptable pour votre cas précis.

Méthode & sources

Fondateur de Baltazr — méthode & posture

Pas expert-comptable ni CGP. Les calculs reposent uniquement sur des sources publiques citées ci-dessous, vérifiables. Une erreur ou un cas mal traité ? signalez-le, on corrige.

Mise à jour
Calcul réalisé sur 350 000 € de bénéfice après IS, TMI 45 %

Les contenus et simulations sont fournis à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement ni un avis fiscal au sens de la réglementation AMF. Pour toute opération engageante, consultez un professionnel agréé.

Tester avec vos chiffres

Adaptez ce calcul à votre situation réelle

Le simulateur intègre votre TMI, votre statut, votre capital et projette sur 1 à 50 ans.

Ouvrir le simulateur