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Comparatif chiffré · Bénéfice < 50 k€

PFU ou barème progressif sur dividendes : 30 000 € de bénéfice à TMI 11 %

Par Mis à jour le Cas chiffré : 30 000 € de bénéfice · Source : LF du 19/02/2026
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Un dirigeant de TPE perçoit 30 000 € de dividendes. Il coche ou ne coche pas une case sur sa déclaration de revenus. Résultat : 1 860 € d'impôt en moins ou en plus selon son choix. Ce n'est pas un détail. Pour un contribuable dont la tranche marginale d'imposition (TMI) est de 11 %, l'arbitrage entre le prélèvement forfaitaire unique (PFU) et le barème progressif mérite une analyse chiffrée rigoureuse. La Loi de Finances 2026 a porté le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), ce qui modifie légèrement les équilibres. Ce comparatif détaille les deux formules, calcul à l'appui, et identifie le seuil de bascule selon votre TMI.

Comment fonctionne le choix global PFU/barème

Chaque année, lors de la déclaration de revenus, vous pouvez opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU. Cette option se matérialise très concrètement : il suffit de cocher la case 2OP sur votre déclaration. Par défaut, sans action de votre part, c'est le PFU qui s'applique automatiquement.

Ce point est capital : l'option barème est globale et irrévocable pour l'année fiscale concernée. Elle s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers — dividendes, intérêts, plus-values mobilières — ainsi qu'à ceux de votre foyer fiscal. Impossible de choisir le barème pour vos dividendes et le PFU pour vos plus-values sur PEA ordinaire : c'est tout ou rien (article 200 A du CGI).

Vous disposez d'un levier temporel précieux. La case 2OP se coche lors de la déclaration de mai-juin de l'année N+1. Vous avez donc plusieurs mois pour simuler l'impact exact sur votre situation globale avant de vous engager. C'est une fenêtre d'optimisation à ne jamais négliger.

L'option barème peut être avantageuse pour les contribuables faiblement imposés, mais le calcul doit intégrer l'ensemble du foyer. Si vous percevez aussi des intérêts ou des plus-values mobilières dans l'année, le choix du barème s'appliquera à tous ces revenus simultanément. La décision ne se prend donc pas uniquement sur les dividendes en isolation.

Cas PFU : 31,4 % flat sur dividendes

Le PFU, souvent appelé "flat tax", a été introduit par la loi de finances 2018. Depuis la Loi de Finances 2026, son taux global s'établit à 31,4 %, décomposé en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. C'est le régime par défaut — aucune démarche n'est requise.

Appliquons ce taux au cas concret. Sur 30 000 € de dividendes bruts, le calcul est immédiat. L'IR représente 12,8 % × 30 000 € = 3 840 €. Les prélèvements sociaux s'élèvent à 18,6 % × 30 000 € = 5 580 €. Total PFU : 9 420 €. Le net perçu après imposition ressort à 20 580 €.

Le PFU présente un avantage indéniable : sa lisibilité. Pas d'abattement à calculer, pas de tranche à identifier, pas de simulation à conduire. Le taux effectif de 31,4 % s'applique mécaniquement. Pour les contribuables très chargés fiscalement, c'est souvent la meilleure possibilité.

En revanche, le PFU ne permet pas de bénéficier de l'abattement de 40 % sur les dividendes prévu par l'article 158-3-2° du CGI. C'est précisément cet abattement qui rend le barème attractif pour les TMI faibles. À 11 %, renoncer à cet avantage coûte cher.

Cas barème : abattement 40 % puis IR + PS

L'abattement de 40 % : un levier fiscal sous-estimé

L'option barème ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes, à condition qu'ils soient distribués par une société soumise à l'impôt sur les sociétés, établie dans l'Union européenne ou dans un État ayant conclu une convention fiscale avec la France. La grande majorité des TPE/PME françaises remplit naturellement cette condition.

Sur 30 000 € de dividendes, l'abattement représente 12 000 €. La base imposable à l'IR tombe donc à 18 000 €. C'est sur ce montant réduit que s'applique votre TMI de 11 %, et non sur la totalité des dividendes perçus.

Calcul de l'IR et des prélèvements sociaux

À TMI 11 %, l'impôt sur le revenu appliqué aux 18 000 € de base abattue s'élève à 1 980 €. Ce calcul suppose que l'intégralité de cette base tombe dans la tranche à 11 % — ce qui dépend de votre revenu fiscal de référence global. Si une partie reste dans la tranche à 0 %, l'IR sera encore inférieur.

Les prélèvements sociaux, eux, ne bénéficient d'aucun abattement. Ils s'appliquent sur la base brute de 30 000 €, au taux de 18,6 % : soit 5 580 €. Total barème : 1 980 + 5 580 = 7 560 €. Le net perçu atteint 22 440 €.

Un atout supplémentaire s'ajoute l'année suivante — 6,8 % de CSG sont déductibles du revenu imposable en N+1, soit 6,8 % × 30 000 € = 2 040 € de déduction supplémentaire. Cela améliore encore marginalement l'avantage du barème pour cet exercice.

Comparatif chiffré pour ce cas

CritèrePFU (31,4 %)Barème (TMI 11 %)
Dividendes bruts30 000 €30 000 €
Base IR après abattement 40 %30 000 € (pas d'abattement)18 000 €
IR3 840 € (12,8 %)1 980 € (11 %)
Prélèvements sociaux (18,6 %)5 580 €5 580 €
Total impôt9 420 €7 560 €
Net perçu20 580 €22 440 €

L'écart est sans ambiguïté : le barème économise 1 860 € d'impôt sur cette seule distribution. Ajoutez à cela la déductibilité de la CSG en N+1, et l'avantage réel dépasse légèrement ce montant. Pour un simulateur rémunération vs dividendes vs holding qui intègre ces paramètres dans leur globalité, les outils dédiés permettent d'aller plus loin que ce calcul simplifié.

Retrouvez la méthodologie et sources utilisées pour ces calculs, ainsi que les références légales mobilisées (CGI art. 158-3-2°, art. 200 A, BOFIP).

Le seuil de bascule selon votre TMI

Le raisonnement mathématique est simple. Le PFU taxe les dividendes à 12,8 % d'IR sur 100 % du brut. Le barème taxe à votre TMI sur 60 % du brut (après abattement). L'équation d'équivalence donne : 12,8 % = TMI × 60 %, soit une TMI de bascule à environ 21,3 %.

Concrètement : à TMI 0 % ou 11 %, le barème gagne largement, comme démontré ci-dessus. À TMI 30 %, les deux options s'approchent, mais le PFU reste souvent légèrement préférable selon la composition du foyer. À TMI 41 % ou 45 %, le PFU s'impose clairement.

D'autres paramètres déplacent ce seuil : la déductibilité de la CSG en N+1, les déficits imputables, les charges déductibles, ou la présence d'autres revenus mobiliers dans le foyer. Un célibataire sans enfant n'aura pas le même seuil qu'un couple avec trois parts fiscales.

La stratégie d'optimisation rémunération du dirigeant ne se limite pas au seul arbitrage PFU/barème — elle intègre le niveau de rémunération versé, les cotisations sociales, et la politique de distribution au sein de votre structure. Simulez systématiquement avant de cocher la case 2OP : quelques minutes de calcul peuvent valoir 1 860 € ou plus chaque année.

Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Consultez un expert-comptable pour votre cas précis.

Méthode & sources

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Pas expert-comptable ni CGP. Les calculs reposent uniquement sur des sources publiques citées ci-dessous, vérifiables. Une erreur ou un cas mal traité ? signalez-le, on corrige.

Mise à jour
Calcul réalisé sur 30 000 € de bénéfice après IS, TMI 11 %

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