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Comparatif chiffré · Bénéfice > 500 k€

PFU ou barème progressif sur dividendes : 750 000 € de bénéfice à TMI 45 %

Par Mis à jour le Cas chiffré : 750 000 € de bénéfice · Source : LF du 19/02/2026
Illustration aquarelle montrant livre, bâtiment moderne et feuilles vertes

Distribuer 750 000 € de bénéfices en dividendes quand votre taux marginal d'imposition flirte avec les 45 % : voilà une décision qui peut coûter — ou économiser — plus de 100 000 € selon l'option fiscale choisie. Depuis la Loi de Finances 2026, le taux global du PFU s'établit à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), un paramètre qui change légèrement les équilibres. Le choix entre ce prélèvement forfaitaire unique et le barème progressif de l'impôt sur le revenu est l'une des rares décisions fiscales annuelles où un dirigeant peut agir concrètement sur sa note finale. Dans ce scénario précis, les prélèvements sociaux à 18,6 % constituent une donnée constante : ils s'appliquent dans les deux cas, sur le montant brut des dividendes, sans abattement possible.

Comment fonctionne le choix global PFU/barème

Beaucoup de dirigeants l'ignorent : vous ne pouvez pas arbitrer dividende par dividende. Le choix entre PFU et barème progressif est annuel et global, il s'applique à l'ensemble des revenus du capital perçus par votre foyer fiscal au cours de l'année — dividendes, intérêts, plus-values mobilières inclus. Si vous optez pour le barème sur vos dividendes, vos plus-values y basculent aussi. C'est la règle posée par l'article 200 A du CGI.

Techniquement, le PFU s'applique par défaut. Pour choisir le barème progressif, vous devez cocher explicitement la case 2OP de votre déclaration de revenus (formulaire 2042), déposée en année N+1. Bonne nouvelle — vous connaissez vos revenus définitifs avant de trancher, ce qui permet de simuler les deux options avant de valider. Une fois la déclaration confirmée, le choix est irrévocable pour l'année concernée.

La contribution remarquable sur les hauts revenus (CEHR) vient se superposer à l'un ou l'autre régime. Pour un célibataire, elle s'active dès 250 000 € de revenu fiscal de référence, à 3 % entre 250 000 € et 500 000 €, puis à 4 % au-delà. Pour un couple, les seuils doublent. Cette contribution s'ajoute mécaniquement dans les deux scénarios et ne modifie pas la comparaison de façon structurelle. Avec 750 000 € de dividendes pour un contribuable seul, elle s'applique pleinement.

L'analyse préalable de l'ensemble des revenus mobiliers du foyer est donc indispensable avant de cocher quoi que ce soit. Un simulateur rémunération vs dividendes vs holding permet de tester rapidement les deux hypothèses sur votre situation réelle, en intégrant l'ensemble des paramètres du foyer.

Cas PFU : 31,4 % flat sur dividendes

Avec le PFU, le calcul est d'une redoutable simplicité. Sur 750 000 € de dividendes bruts, l'IR forfaitaire à 12,8 % représente 96 000 €. Les prélèvements sociaux à 18,6 % s'élèvent à 139 500 €. Total avant CEHR : 235 500 €, soit un taux effectif global de 31,4 % conforme au texte de la Loi de Finances 2026.

Un acompte de 12,8 % est prélevé à la source lors du versement des dividendes — c'est le prélèvement forfaitaire obligatoire (PFO), imputable sur l'IR définitif lors de la liquidation. Pour un foyer à TMI 45 %, la dispense de cet acompte n'est pas accessible — les conditions de ressources requises fixent un revenu fiscal de référence inférieur à 50 000 € pour un célibataire, seuil évidemment hors de portée ici.

Le net perçu après fiscalité s'établit donc à 514 500 € dans ce scénario PFU. C'est la base de référence pour comparer avec l'option barème.

Cas barème : abattement 40 % puis IR + PS

Le mécanisme de l'abattement de 40 %

L'option barème ouvre droit à un atout mécanique : l'abattement de 40 % sur les dividendes éligibles, prévu par l'article 158-3-2° du CGI. Il s'applique aux distributions de sociétés françaises ou européennes soumises à l'IS. Sur 750 000 € bruts, cet abattement représente 300 000 €, ce qui ramène la base imposable à l'IR à 450 000 €. Attention : cet abattement ne joue que pour l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux à 18,6 % restent dus sur le brut intégral.

Le calcul complet au barème pour ce cas

Sur une base de 450 000 €, l'IR au taux marginal de 45 % ressort à 202 500 € (calcul simplifié sur la tranche haute ; le détail par tranches conduirait à un résultat légèrement inférieur selon la situation familiale, mais la simplification reste cohérente pour la comparaison). Les prélèvements sociaux à 18,6 % sur les 750 000 € bruts s'élèvent à 139 500 €. Le total de la pression fiscale atteint 342 000 €, pour un net de 408 000 €.

Un avantage fiscal différé mérite d'être signalé : sous option barème, la CSG déductible à 6,8 % sur le montant brut — soit 51 000 € — vient minorer votre revenu imposable de l'année suivante. À TMI 45 %, l'économie représente environ 22 950 € en N+1. C'est réel, mais ça ne compense pas l'écart global. Cet atout est absent dans le cadre du PFU, où la CSG n'est pas déductible. Pour approfondir les stratégies d'optimisation rémunération du dirigeant, ce levier de déductibilité mérite d'être intégré dans une vision pluriannuelle.

Comparatif chiffré pour ce cas

Élément PFU (31,4 %) Barème progressif
Dividendes bruts 750 000 € 750 000 €
Base imposable IR 750 000 € 450 000 € (après abattement 40 %)
IR 96 000 € 202 500 €
Prélèvements sociaux (18,6 %) 139 500 € 139 500 €
Total impôt 235 500 € 342 000 €
Net perçu 514 500 € 408 000 €

L'écart est sans appel : 106 500 € de différence en faveur du PFU dans ce scénario précis. Pour un dirigeant à TMI 45 %, choisir le barème par réflexe ou par méconnaissance du mécanisme revient à abandonner l'équivalent de plusieurs mois de revenus nets. La CEHR s'ajoute dans les deux colonnes de façon quasi symétrique et ne modifie pas la conclusion.

Le seuil de bascule selon votre TMI

Le raisonnement mathématique est basique. Avec l'abattement de 40 %, la base imposable au barème représente 60 % du brut. Pour que le barème soit plus favorable que le PFU sur le seul critère de l'IR, il faut que 60 % × TMI soit inférieur à 12,8 %, ce qui implique une TMI inférieure à environ 21,3 %. Traduction concrète : dès la tranche à 30 % (applicable à partir de 29 373 € de revenu imposable en 2025), l'imposition effective sur le brut au barème atteint 18 %, contre 12,8 % au PFU. Le PFU gagne déjà.

À TMI 11 %, en revanche, la taxation effective au barème après abattement tombe à 6,6 % du brut — nettement sous les 12,8 % du PFU. Le barème redevient intéressant. À TMI 0 %, c'est encore plus évident. La CSG déductible à 6,8 % sous option barème peut affiner légèrement ce seuil : à TMI 30 %, l'économie fiscale différée représente 2,04 % du brut, ce qui ne suffit pas à renverser l'avantage du PFU mais mérite d'être calculé.

Pour les TMI à 41 % et 45 %, le PFU s'impose systématiquement. Les sources légales à consulter restent l'article 200 A du CGI pour le PFU, l'article 158-3-2° du CGI pour l'abattement, et le BOFIP pour les modalités déclaratives. La méthodologie et sources utilisées dans ce texte s'appuient sur ces textes de référence. Cet article ne constitue pas un conseil fiscal. Consultez un expert-comptable pour votre cas précis.

Méthode & sources

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Pas expert-comptable ni CGP. Les calculs reposent uniquement sur des sources publiques citées ci-dessous, vérifiables. Une erreur ou un cas mal traité ? signalez-le, on corrige.

Mise à jour
Calcul réalisé sur 750 000 € de bénéfice après IS, TMI 45 %

Les contenus et simulations sont fournis à titre informatif et ne constituent pas un conseil en investissement ni un avis fiscal au sens de la réglementation AMF. Pour toute opération engageante, consultez un professionnel agréé.

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